Fête de l'Annonciation

"Bonne Nouvelle" : c'est de l'Annonciation qu'il s'agit ! L'ange du Seigneur apporta l'annonce à Marie.... Et Jésus le fruit de vos entrailles est béni... Nous contemplons la Vierge Mère, "Signe" du salut.

Fêtes et mois de MARIE
Opus Dei - Fête de l'Annonciation Cathédrale de Rodez (France)

La Vierge Mère, "Signe" du salut

« Né d’une femme » (Galates 4, 4), le Verbe prend chair pour rassembler les enfants de Dieu (Jean 11, 52) : la plénitude des temps féconde de miséricorde la terre. Depuis le 7e siècle, la solennité de l’Annonciation commémore chaque année ce don ; l’angélus l’évoque au quotidien ; l’Ave Maria, sans cesse. Notre Dame « de Bonne Nouvelle » est honorée en France depuis le haut moyen âge. La « porte royale » des iconostases orientales montre la scène, en lien avec l’Eucharistie.

Depuis le 7e siècle, la solennité de l’Annonciation commémore chaque année ce don ; l’angélus l’évoque au quotidien ; l’Ave Maria, sans cesse. Notre Dame « de Bonne Nouvelle » est honorée en France depuis le haut moyen âge

L’ange a évangélisé la fécondité de la nouvelle alliance : le Fils de Dieu régnera sur son peuple (Luc 1, 32-33). Les femmes ont relayé le message : la bénédiction sainte remplit la Mère et son Fruit (Luc 1, 42) ; la miséricorde inépuisable s’étend sur les générations (Luc 1, 50). Le Verbe immense, humblement abrité par le sein virginal, change l’histoire. « Ô vierge Mère de Dieu, celui que les cieux ne peuvent contenir, s’est enfermé dans tes entrailles pour prendre la chair de l’homme » (Hymne pour la Nativité de Marie). Le paradoxe est éclairé par la performance d’amour. Le Sauveur « n’a pas eu honte de nous appeler frères » (Hébreux 2, 11).

Le Verbe immense, humblement abrité par le sein virginal, change l’histoire.

L’incarnation accomplit «le signe» de salut de « l’Emmanuel » (Isaïe 7, 14) : « la vierge concevra et enfantera » (Matthieu 1, 23). La Vierge Marie accueille ainsi « le signe » décisif : le sacrement universel de salut. La « Mère du Seigneur » (Luc 1, 43) est siège et charnière de cette irruption de vie. « Jésus est l’unique Médiateur ; Marie, sa Mère et notre Mère, lui est toute transparente : elle en est le Signe » (Catéchisme § 2674). La Fille de Sion devient à son tour « signe » d’une maternité accrue : mère du Chef et de ses membres, qu’elle ne cesse d’engendrer par la charité (saint Augustin, La sainte virginité §6). Sainte Marie nous regarde comme frères de son Fils unique.

En 2009, une copie de l’icône, transportée dans un vaisseau spatial avec les bénédictions de la hiérarchie orthodoxe, a fait le tour de la terre comme dans une procession céleste.





Dans les catacombes, la Mère de Dieu porte l’Enfant sur sa poitrine. Dès l’époque pré-mongole (12e siècle) la Russie vénère la Vierge du Signe qui, dans le geste d’orante, porte en médaillon (symbole de gloire) l’Enfant divin prêt à la naissance. L’ancienne version, restaurée par la suite, reçoit culte dans la cathédrale Sainte Sophie, à la Grande Novgorod. En 2009, une copie de l’icône, transportée dans un vaisseau spatial avec les bénédictions de la hiérarchie orthodoxe, a fait le tour de la terre comme dans une procession céleste.


« Nous demeurons sous sa protection, sous l'ombre de ses ailes » (Guerric d’Igny, Sermon pour l’Assomption, 1 §4). Si dans l’école de Sienne, au Duecento, Marie déploie son manteau sur les fidèles, Venise amplifie ce savoir-faire. Les peintres ajoutent le Sauveur en mandorle (symbole de médiation) sur la Mère protectrice. Enfin Bartolomeo Buon (1450) a sculpté en pierre, sur le tympan de la Grande École Saint-Marc, la majestueuse Madone de la miséricorde (Musée Victoria, Londres).

« Nous voulons regarder avec un amour confiant l’icône sublime de la miséricorde divine » (pape François, Angélus 8/12/2015) : la Vierge qui est à la fois Mère sainte de Dieu et mère dans le soin des hommes.

La même tendresse trinitaire, qui déborde dans la mission du Fils par l’action de l’Esprit, fait participer Notre Dame à cet embrasement fécond. Son cœur bat déjà à l’unisson du Rédempteur pour réchauffer ses enfants. La Fille de Sion ouvre ses bras pour faire régner l’amour de son Roi.

La Vierge Mère collabore de toutes ses forces pour que l’Église grandisse. Chacun est concerné. L’Annonciation nous invite vivement à « faire l’expérience personnelle de l’amour maternel de Marie. Elle t’aime comme si tu étais son fils unique en ce monde. Aime-la. Personne ne le fera pour toi aussi bien que toi, si tu ne le fais pas » (saint Josémaria, Amis de Dieu §293).

Abbé Antoine Fernandez